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Impatriés : comment surmonter le blues du retour ?

| | Lecture : 5 min

Peu de gens –et sans doute pas les candidats au départ- suspectent le possible « tsunami » qui les attend lorsqu’après avoir passé quelques mois ou quelques années dans un pays étranger loin de chez eux, ils rentrent dans leur pays d’origine.

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On croit souvent à tort que le plus dur sera quitter son pays natal, sa famille et ses amis pour un pays dont on ne connaît pas les usages et coutumes mais on ne suspecte pas toujours que le voyage en sens inverse peut aussi s’avérer une épreuve.

Professionnellement le retour peut également être un challenge.

Comment anticiper et gérer au mieux ce blues du retour ?

Qu’est-ce que le blues du retour ?

L’expression sonne un peu comme une formule à la mode pour RH mais pourtant elle revêt une réalité que vivent des milliers d’expatriés lorsque le moment du retour arrive. Alors de quoi s’agit-il exactement ?

C’est la combinaison de plusieurs facteurs

  • Quitter un pays, des gens auxquels on s’est attaché 

Même si c’était peut-être difficile au début, il y a de fortes chances pour que vous ayez noué des liens d’amitié voire même d’amour (qui sait !), dans le pays où vous avez été détaché.

Vous avez créé des habitudes, une intimité avec eux qu’il va être dur de laisser derrière vous, même si la perspective des technologies modernes (Skype, etc.) vous permettra de rester en contact.

  • Gérer les tracasseries administratives

Vous allez devoir faire face à de nombreuses demandes diverses et variées de paperasseries, réinscriptions en tout genre, copies de documents officiels, rien de tel pour vous agacer, voire vous déprimer !

  • Retrouver un pays qui n’est pas comme on l’a quitté

On s’imagine souvent à tort que si nous sommes partis vivre une belle aventure, rien n’a bougé à la maison.

Bien au contraire, une multitude de petits détails auront certainement changé de votre bistrot préféré au prix du ticket de métro. Loin d’être en terrain conquis, on se retrouverait presque en terre inconnue !

Cette accumulation peut s’avérer très déroutante, ajoutée à tout le reste.

  • Des amis qui sont passés à autre chose

Les amis ! Le phare dans la nuit, le repère immuable. A vous les apéros, les dîners, les brunchs et les pique-niques, les séances à la salle de sport avec tous vos potes d’avant.

Sauf que… Sophie et Jacques ont déménagé dans le Sud, Dimitri et Mathilde viennent d’avoir un bébé et ne sortent plus, Laure va désormais au yoga avec Audrey et pas du tout à une heure qui vous convient.

Eux aussi ont appris à faire leur vie sans vous.

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  • Possibilité de se retrouver au placard à son travail

Retour mal anticipé et à la place de la promotion tant attendue, vous vous retrouvez au même poste qu’à votre départ ou à un poste en apparence prestigieux mais sans réelles implications alors que vous quittez une mission d’expatriation où vous avez fait des étincelles et volé de succès en succès.

La frustration vous guette !

Comment ça se manifeste ?

  • De la simple nostalgie à la déprime, voire dépression

Vos amis, votre maison de là-bas vous manquent. Vous êtes un peu perdu.e. Ce sentiment peut aller du simple « coup de mou » au gros « coup de barre » où vous passez votre journée sous la couette en pyjama pilou à broyer du noir.

Plus sérieusement une dépression n’est pas à prendre à la légère, si vous en ressentez les symptômes, n’hésitez pas à consulter un spécialiste.

  • L’impression que tout est ennuyant

L’herbe est toujours plus verte ailleurs. Et vous avez vécu la vie trépidante de l’expatrié.e, dans un pays étranger où tout était tout beau, tout nouveau.

Le retour au bercail peut vous donner la sensation que tout est déjà-vu et sans intérêt. Cette sensation n’est peut-être pas complètement fausse mais certainement pas non plus totalement vraie…

  • Irritabilité

Quand on est dans un pays étranger, on accepte beaucoup de choses sous prétexte que c’est une culture et des usages différents.

On considère –avec raison- que c’est surtout à nous de nous adapter. Les malentendus, les situations incongrues virent plus souvent au fou –rire qu’à la grosse colère.

Mais de retour chez soi, on est moins tolérant, les petites manies ou mauvaises habitudes de nos concitoyens nous tapent sur le système !

  • Sentiment d’isolement

Vous vous imaginiez que tout le monde serait pendu à vos lèvres pour écouter le récit de votre formidable séjour à l’autre bout du monde mais en réalité personne ou presque ne s’y intéresse !

Chacun est happé dans son quotidien et ses propres histoires de cœur, de boulot, de famille et n’a pas forcément le temps ou l’envie de regarder les centaines de photos de votre séjour.

Votre élan est coupé court et un sentiment d’isolement peut en découler.

  • Travail pas satisfaisant, envie de changer

Comme indiqué précédemment, le retour au bureau peut s’avérer très décevant. Pas le poste, ni le retour en fanfare, auréolé de lauriers que vous espériez.

De nombreux expatriés changent finalement d’entreprise quelques mois après être rentré.e.s.

  • Frustration pour le conjoint

Si vous partez en famille, il y a de grandes chances pour que votre conjoint ait dû sacrifier sa propre carrière et quitter un poste peut-être épanouissant pour vous suivre.

Rien ne l’attend -au contraire du conjoint- dans ce nouveau pays et parfois la route est longue pour retrouver un travail. Après tous ces efforts, voilà qu’il va falloir tout recommencer à zéro de retour à la maison !

Cette perspective peut s’avérer très frustrante voire angoissante.

Comment gérer ce blues du retour ?

Tous nos conseils pour vivre son retour d'expatriation en toute sérénité.

Car pour être tout à fait honnête, à la lumière des nombreux témoignages (blogs, articles), vous n’y échapperez pas ! C’est tout à fait courant et donc autant vous y préparer du mieux possible.

Il faut considérer le retour dans son pays d’origine comme une nouvelle expatriation.

Personnellement

  • Faîtes une checklist

Vous trouvez tout un tas de listes toutes prêtes en ligne mais faîtes-vous la vôtre. Ainsi vous pourrez appréhender toutes vos démarches administratives sur place et de retour chez soi.

  • Trouvez un mentor

Cela peut être un membre de la famille, un ami cher resté sur place mais surtout ce sera quelqu’un qui vous aidera à gérer les détails dans votre pays d’origine tant que vous n’êtes pas encore rentré.e.s.

Il /elle ira visiter votre futur logement pour vous par exemple.

  • Trouver des gens qui ont vécu une expérience similaire

Vous pouvez rechercher un club d’impatriés, des sites ou des blogs qui relatent des témoignages similaires au vôtre.

C’est toujours réconfortant de savoir que d’autres sont passés par là avant vous et vous pourrez y dégoter des conseils utiles.

  • Le simulateur de retour

Créé par Anne-Laure Fréant, c’est un site dédié à tous ceux qui rentrent en France après une mission d’expatrié.e.

Il y a des dossiers très complets sur tous les sujets importants y compris ce fameux blues du retour et un simulateur de retour, très pratique et validé par le gouvernement français. https://retourenfrance.fr/

  • Faites des projets

Des petits, des grands, en solo, en famille, recréez votre propre dynamique dans votre pays d’origine en regardant vers le présent et le futur, en vous fixant de nouveaux objectifs, en satisfaisant de nouvelles envies, en explorant de nouveaux pans de votre vie !

Professionnellement

  • D’un point de vue RH, ne pas survendre l’expatriation

Certes l’expatriation est généralement la promesse d’une accélération de carrière, d’un meilleur salaire, mais si le retour ne s’avère pas à la hauteur des promesses, cela risque de créer une immense déception.

Donc il vaut mieux donner à l’employé des perspectives honnêtes. Il vaut mieux une bonne surprise qu’une mauvaise !

  • D’un point de vue RH, rester en contact avec l'employé tout du long de son expatriation 

Comme indiqué précédemment, de nombreux cadres finissent par quitter la société qui les avait envoyés à l’étranger alors que le but était que leur expérience vienne enrichir leurs compétences de retour au bureau de leur pays d’origine.

En faisant des entretiens d’évaluation réguliers avec l’employé expatrié, vous pourrez suivre son évolution, celle de ses attentes et préparer au mieux son retour et lui trouver un poste adapté.

  • D’un point de vue RH, établir un planning de réinsertion

Préparez- le en amont pour vous assurer que l’employé.e ne s’ennuie pas ou ne se sente pas sous dimensionné.e ou délaissé.e une fois rentré.e.

C’est une pratique qui se généralise dans plusieurs entreprises pour optimiser la réaffectation.

Le contrat doit en partie fixer les bases de ce retour mais selon la durée de l’expatriation, elles peuvent s’avérer caduc dans les faits et la situation et de l’employé.e et de l’entreprise doit être réévaluée régulièrement.

  • Trouver un sponsor dans l’entreprise

Cela peut-être votre supérieur hiérarchique ou un collègue proche.

Ce dernier/cette dernière pourra vous donner des nouvelles du bureau pour que vous vous sentiez moins « largué.e » en rentrant et surtout vous tenir informé.e des objectifs, des problèmes, des réussites pour que la transition se fasse en douceur et que vous puissiez vous remettre effectivement au travail rapidement.

  • Aider votre conjoint

Il existe désormais un site dédié et des accords entre entreprises pour faciliter le retour au travail du conjoint dans le pays d’accueil puis de nouveau, de retour à la maison. http://www.idcn.info/

  • S’assurer les services d’un coach

Il existe des coachs spécialisés dans le retour des expatriés. Vous pouvez le/la faire financer par votre entreprise et il/elle vous aidera à trouver un logement, accomplir les démarches, appréhender le retour au bureau, etc.

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