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Couples et expatriation : comment anticiper les grandes difficultés rencontrées par les conjoints d’expatriés ?

| | Lecture : 6 min

Malgré les informations et les chiffres relayés dans les médias, l’expatriation pour un couple n’est pas synonyme de séparation ou de divorce, même si, à l’instar des autres couples restés en France, une grande majorité des couples expatriés se séparent.

Longtemps mise de côté, la double carrière chez les conjoints expatriés devient un sujet de préoccupation majeur dans la mobilité internationale. Et pour cause, elle est un gage de réussite de l’expérience d’expatriation. Quelles sont les difficultés qui peuvent amener des tensions chez les couples d’expatriés ? Quelles sont les solutions possibles pour une expatriation en couple réussie ? Éléments de réponse.conjoint d'expatrié et expatriationGuide : réussir son expatriation

Le conjoint au cœur de l’expatriation

Préparation et coaching du conjoint avant/pendant le départ de l’expatriation

Selon une grande enquête menée par Expat Communication sur 3 500 conjoints d’expatriés, 67 % des couples sont plutôt confiants avant la grande aventure de l’expatriation. 80 % des conjoints (qui sont en réalité des conjointes dans 9 cas sur 10) envisageant même de trouver un emploi dans le pays d’accueil.

Bien sûr, les désirs diffèrent en fonction de la composition de la famille.

Sans enfant, les conjoints se concentrent principalement sur :

  • Leur carrière professionnelle (47 % d’entre eux) ;
  • La découverte du pays d’accueil (24 %) ;
  • La maison et la famille (17 %).

Avec enfant(s), les conjoints se concentrent sur :

  • La maison et la famille (75 %) ;
  • La découverte du pays (13 %) ;
  • La carrière professionnelle (7 %).

Mais au final, avec ou sans enfant, la réalité, elle, est toute autre : malgré de nombreuses compétences (42 % des suiveurs sont des femmes, 73 % sont diplômées d’un bac+5 ou plus), seulement 4 % d’entre eux réussissent à travailler pendant leur expatriation.

Comment expliqué ce chiffre ?

Parce que la recherche d’emploi, qu’elle soit initiée avant le départ ou une fois sur place, s’accompagne bien souvent d’obstacles.

Ainsi, les principales difficultés rencontrées sont :

  • L’absence ou la pauvreté du réseau :
Dans tous les pays du monde, le réseau est indispensable pour trouver un emploi. 87 % des conjoints d’expatriés attribuent leur échec à l’insuffisance du réseau ;
  • La barrière de la langue :
Pour 86 % des personnes concernées, la non-maitrise de la langue du pays d’accueil est forcément un frein à l’embauche ;
  • Une mauvaise connaissance des codes du marché local :
Pour 81 % des interrogés, pas facile de s’adapter à un nouveau marché du travail et d’apprivoiser ce qui se fait ou non. Un certain laps de temps dédié au décodage est donc nécessaire ;
  • Les compétences trop élevées ou qui ne correspondent pas au marché local :
80 % des personnes sondées pensent que la sur-qualification est un obstacle ;
  • L’absence de visibilité sur la durée du séjour :
concerne 78 % des conjoints d’expatriés. En effet, il peut être difficile de convaincre un recruteur si l’on ne sait pas si on sera toujours là dans quelques mois ;
  • La non-reconnaissance des diplômes :
77 % des conjoints sont concernés par cet obstacle. Certains d’entre eux devront même repasser des examens pour valider leurs acquis ;
  • Les problèmes de garde des enfants :
70 % des sondés par Expat Communication considèrent cet obstacle comme ayant un impact fort sur l’échec à retrouver un emploi, surtout au début de l’expatriation ;
  • Le manque de clarté de projet professionnel :
74 % pointent du doigt la difficulté à définir un projet professionnel clair et précis, ce qui les met dans l’impasse.

Il existe tout de même des solutions pour aider les conjoints suiveurs à retrouver du travail plus facilement.

Quelles sont-elles ?

  • Le télétravail et le rythme de travail ;
  • L’auto-entrepreneuriat ;
  • Ne pas se focaliser sur les grosses entreprises ;
  • Ne pas postuler que pour des entreprises françaises.

La majorité des conjoints d’expatriés ont concentré leurs efforts de recherche d’emploi sur les multinationales. Or, 43 % d’entre eux trouvent finalement du travail dans une entreprise locale. Se focaliser dès le début de vos recherches sur une cible locale maximisera vos chances de trouver plus vite un emploi.

En outre, 47 % d’entre eux acceptent d’être flexibles en adoptant le télétravail.

Enfin, 32,5 % des suiveurs adoptent un statut d’indépendant pour mettre en place leur projet professionnel.

Faire face à l’absence de revenus et à la solitude

L’expatriation transforme la relation de couple. Bien souvent, les conjoints d’expatriés doivent faire face à des difficultés nouvelles, ce qui peut engendrer la naissance d’un certain mal-être en couple et quelques fois une dépression du conjoint suiveur et la séparation.

Quelles sont les sources de dégradation des relations entre conjoints ?

  • L’isolement ;
  • La peur de la solitude ;
  • L’anxiété ;
  • L’angoisse du retour ;
  • Le refus de l’oisiveté et le besoin de considération ;
  • Le besoin financier.

La difficulté à s’intégrer entraine une absence de réseau. Dans ce contexte, difficile de retrouver un emploi et donc d’avoir un revenu bien à soi. La nouvelle dépendance financière peut dérouter lorsque l’on avait un salaire confortable en France. Coupés du monde professionnel, les conjoints d’expatriés souffrent d’isolement et de la perte de leurs relations sociales.

Conséquence : anxiété, dégradation des relations avec le reste de la famille… Les conjoints suiveurs peinent à voir l’expatriation comme une chance pour eux-mêmes. Des difficultés au sein du couple apparaissent.

Quelles solutions pour passer ce cap difficile ?

  • Retrouver de l’énergie et de la confiance en soi ;
  • Voir l’expatriation comme un booster de vie familiale ;
  • Ne pas se réduire à sa carrière professionnelle, nos personnalités comportent diverses facettes que l’expatriation peut permettre d’explorer ;
  • Stopper ses objectifs de carrière ;
  • Accepter d’être moins rémunéré que son conjoint expatrié ;
  • Considérer le conjoint comme le pilier du couple et garant de l’organisation de l’expatriation.

Encadré : L’expatriation : un tremplin pour tout le monde ? 

Une étude internationale réalisée par Humanis, Expat Communication et la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) révèle que :

  • Pour 60 % des expatriés, l’expatriation est perçue comme une promotion et un levier d’ascension professionnelle, alors que leurs conjoints perçoivent l’expatriation comme une rétrogradation pour leur propre carrière ;
  • Environ 30 % des conjoints d’expatriés affirment s’être « sacrifiés » pour l’autre ; un sentiment exacerbé s’ils recherchent un emploi dans le pays d’accueil.

N’oublions pas que dans 92 % des cas, c’est l’homme qui est à l’origine de l’expatriation et la femme qui suit son époux (Source : Humanis, la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) et Expat Communication).

En résumé, il faut que le conjoint d’expatrié se crée son propre projet, quelque chose qui le fasse exister en dehors de la bulle « couple en expatriation ». Cela peut revêtir différentes formes, comme apprendre le français à des enfants du pays d’accueil, s’investir dans une association locale, etc. Peu importe, du moment que ce soit un projet qui donne un sens à sa vie et l’épanouit.

Les recommandations pour une expatriation en couple réussie

Guide : réussir son expatriation

les recommandations pour une expatriation en couple réussie

Premier indice fiable : le taux de personnes séparées ou divorcées est faible

« 53 % de divorces en plus en expatriation », « un couple sur deux divorce, surtout en expatriation »… Il ne faut pas se fier aux idées reçues véhiculées dans les médias, les magazines, etc., qui veulent que l’expatriation soit la source d’un taux de divorce accru chez les personnes concernées.

Des experts de l’expatriation comme Mondissimo ou Maison des Français de l’Étranger sont très clairs à ce sujet : seulement 7 ou 8 % de Français de l’Étranger sont divorcés ou séparés, un taux identique au reste de la population non expatriée. On est bien loin des chiffres anxiogènes relayés en boucle depuis des années.

L’enquête d’Expat Value va même plus loin :

  • 82 % des personnes interrogées considèrent que l’expatriation a renforcé leur couple ;
  • Pour 80 %, on ne se dispute pas plus en expatriation ;
  • L’expatriation est l’occasion de mieux communiquer sur les grands choix pour 81 % des couples.

Conclusion : certes, la vie à l’étranger peut exacerber les tensions et créer un certain mal-être en couple. Mais cette expérience inédite tend à renforcer les liens entre conjoints et à faire murir la relation à deux.

Un accompagnement par l’entreprise et le conjoint expatrié

73 % des conjoints suiveurs qui occupent ou recherchent un emploi ne bénéficient d’aucun accompagnement. Un leurre quand on sait qu’une bonne préparation à l’expatriation est un gage de réussite.

Et le reste ?

  • 32 % sont accompagnés par une entreprise spécialisée ;
  • 30 % par un organisme indépendant ;
  • 13 % par un organisme public ;
  • 13 % par un centre d’accueil francophone.

(Source : Expat Communication)

Quelle forme revêt cet accompagnement à l’expatriation ?

Principalement du coaching (dans 40 % des cas) et de l’information sur le marché du travail local (59 %).

Face à ce constat, il apparait essentiel de mieux préparer le départ en amont.

Comment ?

En initiant la communication au sein de couple sur le projet d’expatriation. Pour cela, il faut se poser un certain nombre de questions, telles que :

  • Quels sont les objectifs du départ à l’étranger ? Le conjoint suiveur peut à ce moment-là décider d’un projet qui lui tiendrait à cœur de réaliser ;
  • Quels risques les deux parties sont-elles prêtes à accepter ?
  • Comment faire en sorte, une fois dans le pays d’accueil, de remédier aux décalages dans le couple pour qu’il n’y en ait pas un qui ait l’impression d’être « sacrifié » ?

Quelques recommandations :

  • Se faire accompagner par des experts ou des coachs au cours de séances de conseil ;
  • Faire un séjour de repérage avant le grand départ pour mieux appréhender la culture et les habitudes locales ;
  • S’informer avant de partir, sur les avantages et les sacrifices liés à l’expatriation ;
  • Garder en tête le retour : son succès se joue dans la façon dont on en a pris conscience avant de partir ;
  • Se renseigner sur les conséquences de ses décisions.

Réseaux de conjoints d’expatriés

Solitude, isolement, perte de confiance en soi… Pour rompre ce cercle vicieux et faire de la vie à l’étranger une chance de pouvoir donner de la valeur ajoutée à son existence, il est nécessaire de bien s’entourer.

Pensez à vous rapprocher des réseaux expatriés francophones, présents dans la plupart des pays d’expatriation.

Deux réseaux principaux auprès desquels vous pouvez vous rapprocher :

  • Réseau Absolutely French : une équipe de professionnels et d’experts améliore l’intégration des conjoints d’impatriés pour favoriser la double carrière dans les couples expatriés.
  • Expat Value : le réseau professionnel des conjoints d’expatriés offre un panel de solutions innovantes pour accompagner les conjoints expatriés dans le développement de leur carrière à l’étranger. Elle met également à disposition un réseau d’entraide et de partage d’informations à caractère professionnel pour les conjoints et met en place des campagnes de sensibilisation auprès d’institutionnels et d’entreprises, des salons, des évènements virtuels (webinars, etc.).

Parallèlement, quelques groupes se sont créés sur les réseaux sociaux où les conjoints d’expatriés y partagent leurs réflexions et leurs conseils.

Des partenaires experts sur les problématiques de l’expatriation

  • L’UFE (Union des Français de l’étranger) : créée en 1927, cette association accompagne les Français de l’étranger en leur apportant des conseils avant, pendant et après l’expatriation. Elle est présente dans 170 lieux à travers le monde ;
  • CFE : la Caisse des Français de l’Étranger propose à tout salarié expatrié des assurances contre un ou plusieurs de ces risques en fonction de sa situation familiale, des particularités locales et aussi de ses possibilités financières.
  • Femme Expats : magazine de la femme expatriée francophone édité par Expat Communication traitant de divers sujets tels que la scolarité des enfants, des témoignages de conjointes, les formalités à accomplir selon le pays d’accueil, etc.

Longtemps mis de côté, le conjoint d’expatrié est de plus en plus au cœur des préoccupations des entreprises, car, si la majorité d’entre eux, principalement des femmes, sont plutôt confiants avant le départ, l’atterrissage est souvent douloureux. Pour remédier aux difficultés que peut traverser le couple et assurer une expatriation en couple réussie, bien se préparer en amont et l’accompagnement du conjoint dans le développement d’un projet professionnel semble être les meilleures solutions.Guide : réussir son expatriation

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